L’Express nous explique le fétichisme des pieds ?

Vous êtes fétichiste des pieds ? Ou ce sujet vous trouble, vous étonne, vous questionne ? Pourquoi ne pas vous tourner vers un article publié dans un média classique et sérieux tel que L’EXPRESS sur sont site web et dans la rubrique « Sexo » bien entendu.

Sous le titre « Comprendre le fétichisme des pieds » et après l’introduction suivante « Pour prendre leur pied, ils adulent ceux de leurs partenaires. Qui sont les fétichistes des pieds, et comment comprendre cette forme d’addiction sexuelle? Explications et témoignages » la journaliste Caroline Langlois nous fait part de ses impressions.

Pour lire l’article, cliquez ici : http://www.lexpress.fr/styles/sexo/compendre-le-fetichisme-des-pieds-et-la-podophilie_1693018.html

Nouvel album de Saudelli : Bondage Palace

Voici enfin le second volume des aventures de « La blonde », cet album jusqu’ici indisponible en français a été tout spécialement mis en couleurs par Saudelli lui-même.
Dans cet album, la célèbre héroïne masquée est à la recherche d’un élixir de jeunesse, dans le monde de Babylonia et de son « Bondage Palace ». On y rencontre son ennemie jurée, Papesse Crimilde, secondée par Gary et Sue, deux cambrioleuses de bas étage. Un monde délirant où la sensualité est omniprésente et les hommes curieusement absents.
Un univers sexy où l’érotisme s’exprime avec des talons vertigineux et des cordes bien serrées.

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Franco Saudelli est né à Latina (Italie) et vit actuellement à Rome. Il débute sa carrière de dessinateur en 1977 dans l’hebdomadaire italien LancioStory. Il travaille pour les magazines Orient Express, Libération, Charlie Mensuel et édite chez Dargaud mais c’est la création de La Blonda (La Blonde) qui fait son succès. Il accède ainsi au gratin de la presse spécialisée Diva, Glamour, Selen et Blue. Il forme sa compagne d’alors, Giovanna Cassoto, qui participe à certains épisodes de La Blonde avant de voler de ses propres ailes et de trouver le succès (on retrouve chez elle le goût du fétichisme des pieds mis en avant par des plans caractéristiques).
Sortie : le 12 mai 2015.

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Découvrez la bande annonce du film « 50 nuances de Grey »

Après des mois d’attente, les fans de Christian Grey et d’Anastasia Steele, héros du best seller sado-maso soft « Fifty shades of Grey » (« Cinquante nuances de Grey » en français), peuvent enfin découvrir la première bande annonce officielle de la version cinématographique du roman de E.L. James (vendu à 100 millions d’exemplaires à travers le monde en pas moins de 51 langues).
Réalisé par Sam Taylor-Johnson, le film dont la sortie était prévue initialement pour le 1er août 2014, sera finalement projeté dans les salles américaines à partir du…

Pour lire la site et voir la bande annonce en français, cliquez ici.

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La Bible du boudoir de Betony Vernon

On ne présente plus Betony Vernon et sa « philosophie  » du plaisir, née en Virginie d’un père américain et d’une mère anglaise, habite à Paris. Designer, elle est réputée pour ses créations de bijoux érotiques. Pionnière de l’anthropologie sexuelle, elle explore sans relâche tous les domaines où peut être brisé le tabou du plaisir. Elle est aussi consultante depuis de nombreuses années pour des individus en quête du plaisir des sens. Son livre est clair, très précis, très concret. Elle repositionne le plaisir au sein de la sexualité en y intégrant toutes les formes (ou presque ) des pratiques sexuelles sans tabou. A lire, relire….et mettre en pratique !
Le sexe, au XXIe siècle, n’est plus un tabou. Les médias en sont saturés, et l’industrie liée à la sexualité – des sex toys à la lingerie en passant par le cinéma pornographique – est florissante. Le plaisir en revanche en est toujours un, et c’est ce tabou que l’ouvrage de Betony Vernon a pour but principal de combattre. Sa mission est de donner aux femmes et aux hommes les moyens d’éprouver et de partager plus de plaisir, en aidant les amants à identifier les mythes qui les inhibent, à déraciner les fausses croyances et à prendre pleinement la responsabilité de leur satisfaction sexuelle. Avec l’érudition d’une historienne, l’esprit d’une artiste et la franchise d’une amie, elle encourage les expériences et le jeu, refusant toute catégorisation et toute inhibition.
Elle nous livre un guide détaillé et instructif en même temps qu’un manifeste invitant à célébrer l’art du sexe. Elle ouvre à son lecteur de nouveaux horizons, offrant des avis expérimentés sur des thèmes qui vont des plus basiques aux plus sophistiqués : comprendre son propre corps et celui de l’autre, faire durer le plaisir plus de deux heures, stimuler des zones érogènes trop souvent négligées, pratiquer le bondage, la flagellation érotique… Les propositions sont multiples et plus stimulantes les unes que les autres. Betony Vernon évacue toute honte et culpabilité du rapport sexuel et les remplace par la joie et l’extase. Les amants cultiveront ainsi la santé et la félicité érotiques, et cette profonde satisfaction sera le ciment d’une relation intime durable et harmonieuse.

« La Bible du boudoir » de Betony Vernon est disponible ici (livraison gratuite) :
www.sentimentmoderne.com/librairie/produit/la-bible-du-boudoir/banniere-nuitelastique-simple

On découvre ici ce que veut réellement dire être une soumise

Voilà un romantica qui tient toutes ses promesses : un homme riche beau et terriblement sexy, une jeune fille en fleur qui ne demande qu’à apprendre.
Entre sexe et soumission, la jolie Francesca va apprendre le jeu dangereux d’une liaison intime avec un homme aussi égocentrique que mystérieux et canon. Beth Kery nous montre un aperçu étourdissant du monde du BDSM et on découvre ici ce que veut réellement dire être une soumise. Ian Noble ne fait pas semblant. Nous avons beaucoup aimé.

« Laisse-moi te posséder » de Beth Kery est paru chez J’ai Lu en 2013.

Ce livre (comme de nombreux autres) est disponible ci-dessous (5% de réduction sur tous les livres & BD adultes toute l’année + livraison gratuite en France & Belgique)

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La pâle heure sombre de la chair de Julie-Anne de Sée

C’est un petit livre singulier, plus une collection de textes avec un fil rouge que roman à proprement parler, ce fil étant la relation qui unit Julie – avatar de l’auteur ? – et Simon. Deux personnages habités par une passion charnelle et amoureuse très intense qui se déploie sous diverses formes littéraires que se propose de rehausser Xavier Duvet par plusieurs illustrations crayonnées au fil des pages.

L’ensemble ne manque pas de charme, et l’aspect foutraque ne nuit pas au livre de Julie-Anne De Sée, même si de nombreuses scories éclosent au fil des pages. Les illustrations de Xavier Duvet d’abord, purement anecdotiques et loin d’être représentatives du talent du dessinateur qui se contente de livrer ici des planches de qualité plutôt moyennes : on n’en est pas au niveau d’Elvifrance, loin s’en faut, mais on frôle parfois le niveau des fumetti érotiques à trois francs six sous.

Ensuite de nombreux « épisodes » auraient gagné à être raccourcis – la « lettre d’amour » du début, ampoulée et parfois très clichée, un travail d’écriture très surligné – ou au contraire approfondis (Simon vient voir Julie et s’envoie en l’air avec elle, alors que Rodrigue, le mari légitime trompé ouvertement va se branler dans les… Lire la suite ici sur le site Krinein :
http://livres.krinein.com/pale-heure-sombre-chair-julie-anne-see-20374.html

Disponible ici (5% de réduction & livraison gratuite) : www.sentimentmoderne.com/librairie/

  • Titre du livre : La pâle heure sombre de la chair.
  • Textes : Julie-Anne de Sée.
  • Illustrations : Xavier Duvet.
  • 128 pages.Editeur : Tabou (2012).
  • Collection : Roman.
  • Langue : Français.
  • Dimensions du livre : 22,8 x 14,8 x 2,2 cm.

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Un nouveau classique de l’érotisme SM ?

Ce livre n’est pas du tout ce à quoi l’on s’attend, les allusions à « Histoire d’O » et autres ouvrages de ce type y sont nombreuses et justifiées et il n’est pas à mettre entre toutes les mains ! Il démarre très fort puisque dès la première page nous avons droit à une scène de soumission assez explicite, et pourtant, nous avons plus affaire à une approche intellectualisée et descriptive des rapports dominants-soumis, ainsi que des pratiques (extrêmes aussi!) diverses avec évocation du matériel utilisé, qu’à des scènes de sexe débridées. Le style de l’auteur est élégant et raffiné, même si certains termes restent crus, il n’y a ici aucune sensualité dans les actes et pourtant la narration nous implique, nous alpague dans ce récit de manière à ce que nous ayons envie de l’écouter, de suivre ses pérégrinations dans le monde du BDSM. Aucune comparaison ne peut être faite avec FSOG et autres romans dans cette veine!

Carrie, jeune étudiante intelligente se découvre de sombres désirs sexuels qu’elle ne parvient pas à analyser, mais est prête à s’en remettre à Jonathan, architecte riche qu’elle a rencontré lors d’une étrange soirée au cours de laquelle ce dernier lui a annoncé sans préambule qu’il la voulait pour esclave. Elle va nous décrire son parcours initiatique durant lequel elle eut souvent l’impression d’être l’objet de son maitre, eut souvent le désir de se rebeller mais tel un drogué accroc revenait toujours subir coups, avilissements et humiliations(des baisers pareils à des gifles est une phrase qui reste en mémoire)… Mais c’était au départ, pour qu’elle comprenne, se modèle, progresse, devienne ce qu’il veut qu’elle soit tout en conservant son intelligence. Et malgré ces faits, rien de glauque ni de répugnant, c’est osé et audacieux et si bien décrit.

C’est un erotica, il ne faut pas s’attendre à de belles scènes érotiques qui stimulent notre libido. La relation que se tisse entre Carrie et Jonathan n’a aucune dimension sentimentale, il la qualifie de « pornotopie », c’est l’apprentissage d’une sexualité que le Maitre a décelé chez sa soumise et qu’ils explorent, exploitent, ensemble. Il la façonne selon ses désirs à lui, et la laisse vivre sa vie lorsqu’elle quitte son bureau. On ne sait pas ce que ressent Jonathan ni à quel point il s’implique, puis un jour il décide de la vendre aux enchères, pratique courante dans ce milieu, la soumise devenant la propriété certifiée par contrat de son nouveau maitre. Elle accepte de poursuivre son aventure sexuelle jusqu’au bout, mais va devoir poursuivre sa formation dans un ranch ou les esclaves sont les bêtes à mater!

Ce livre est intrigant, désopilant, dérangeant mais tellement accrocheur, il pousse à la réflexion en plus d’être superbement écrit. Il est sans cesse sur le fil du rasoir sans jamais tomber dans la vulgarité ni l’horreur. On sent les manifestations de rébellion de Carrie mais on ne comprend jamais trop pourquoi elle poursuit, qu’est-ce qu’elle cherche? Où veut-elle en venir ? On en a des idées mais jamais de certitudes. Elle est intelligente mais s’avilit toujours plus, alors que souvent elle veut prendre ses jambes à son cou. Comme mentionné au départ, ne vous attendez pas à de l’érotisme émoustillant, là n’est pas le but de cette histoire. C’est un pari osé qui nous poursuit une fois la dernière ligne lue! Une suite est prévue sous le titre de « jeux dangereux », difficile de dire si ce livre nous tentera lorsqu’on n’adhère pas à ce genre de pratiques sexuelles, mais parfois la curiosité peut prendre le dessus, comme ce fut le cas pour celui-ci.

L’auteure
Molly Weatherfield : Née à Brooklyn, elle est aussi critique littéraire et auteur de romans historiques. Dangereux plaisirs a été réimprimé seize fois depuis sa parution et s’est vendu aux Etats-Unis à plus de 250 000 exemplaires.

Prix : 17,05 €
Le livre « Dangereux plaisirs » de Molly Weatherfield est disponible dans sa version française ici (livraison gratuite) :

www.sentimentmoderne.com/librairie/?product=dangereux-plaisirs

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Le Sexe Bizarre par Agnès Giard

«Le Sexe Bizarre» fait le tour des jeux sexuels hors-normes qui sortent actuellement de l’ombre à la faveur de la révolution technologique internet. Qu’ils soient adeptes de talons hauts, de chatouille, de babyphilie, de femmes gelées, de voraphilie, d’hypnose érotique, de dog play ou de splosh, les acteurs de ce nouveau désordre mondial donnent à leurs fantasmes une audience internationale sur des sites amateur qui échappent généralement à toute censure en raison de leur contenu non-pornographique. Ils s’organisent en communautés souterraines. Ils possèdent leurs artistes et leurs lieux de rendez-vous. Ils font de leur sexualité une forme de contre-culture qui ne respecte ni conventions, ni règles et – à travers la féerie de leurs fantasmes -redonnent à la vie ses vacances d’irréalité… Pour ces hommes et ces femmes aux désirs si étranges, le sexe devient un vaste terrain d’expérimentations et de métamorphoses, un divertissement autant qu’un moyen d’accomplissement individuel.

Prix : 23,75 €
Le « Sexe Bizarre » de Agnès Giard est disponible ici (livraison gratuite) :
www.sentimentmoderne.com/librairie/produit/le-sexe-bizarre-pratiques-erotiques-daujourdhui/

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Quelle est la différence entre domination féminine et gynarchie ?

La Domination féminine est une relation consentie entre une Femme et un mâle (son époux, son fiancé, son ami, etc.) fondée sur l’obéissance amoureuse de celui-ci.

La Gynarchie est une forme de société qui généralise à tous ses membres cette relation. La soumission des mâles y est obligatoire, toute révolte est réprimée. Toute Femme a le droit d’exercer sa Domination, outre sur le ou les mâles qui lui appartiennent, sur les mâles non accompagnés, quels que soient leur âge et leur condition sociale. Un mâle sans Maîtresse officielle (épouse, fiancée, mère ou soeur, etc.) sera confié par l’autorité gynarchique à une « tutrice légale ». Les relations amoureuses ou sexuelles entre les Maîtresses et leurs esclaves dépendent uniquement du bon plaisir des Maîtresses. En cas de faute grave, la Maîtresse peut punir elle-même l’esclave fautif ou le confier à l’autorité gynarchique pour une punition en public. Il ne lui est demandé aucun justificatif.

 

 

Un témoignage juste, honnête et émouvant sur la culture Queer !

Enfin un témoignage juste, honnête, émouvant, et drôle sur la culture Queer ! Difficile de ne pas tomber amoureuse de Wendy Delorme, qu’on soit Butch ou Fem, Queer ou non d’ailleurs, face à une telle sincérité et générosité. Car avant tout, ce sont des histoires d’amour qu’elle partage. On sort de ce livre grandi. Vivement qu’il y ait plus de témoignages de cette culture fascinante, de la sincérité et courage dont fait preuve Wendy et ses proches. J’imagine que pour certaines personnes ce livre pourrait être difficile, car il demande une certaine remise en question (ne serait-ce que dans son identité homme/femme, mais aussi dans sa sexualité), mais Wendy nous écrit avec tellement de coeur, et de charme… un pur bonheur.

Dans « Quatrième génération » la narratrice, fait découvrir son univers où le genre masculin ou féminin est remis en question, où l’enfance et les liens familiaux reviennent sans cesse à la surface, où la souffrance et la part sombre de chacun de nous sont exposées en pleine lumière. Marion n’a pas peur des mots, ni de ce qu’elle raconte. Qu’elle parle de pratiques sexuelles ou de sentiments, elle les détaille sans le moindre complexe. Mais ce qui est le plus fascinant dans ce livre à l’écriture crue, puissante et limpide, c’est que Marion y laisse apparaître un désespoir et une joie de vivre intimement mêlés, qui la rendent terriblement humaine.

Prix : 17,29 € « Quatrième génération » de Wendy Delorme est publié aux éditions Grasset & Fasquelle (328 pages).
Il est disponible ici (livraison gratuite) : www.sentimentmoderne.com/librairie/produit/quatrieme-generation/

Auteure : Wendy Delorme Broché : 328 pages Editeur :  (2007)

Femme bourgeoise, elle prend plaisir dans sa quête masochiste de souffrances

« Doloris Causa » de Carolyn Cardway, nous plonge dans la relation d’un couple paradoxal mais où chacun trouve son compte : elle dans sa quête masochiste de souffrances. Entreprise radicale et raisonnée, presque mathématique, qui la conduira parfois au bord de la folie. Lui, dans sa revanche perverse et cruelle sur une bourgeoisie qui l’a autant utilisé que méprisé. L’histoire finira. Mal pour lui, bien pour elle! Ce sont toujours les pauvres qui paient pour les riches!
Un livre décapant, malsain, percutant comme un round de boxe. Un voyage en harmonie avec l’esprit de la collection contre-culture Vertiges.

Extrait
Il a dégagé sa ceinture des passants de son pantalon et il l’a battue. Ensuite, couverte de longues boursouflures écarlates, elle a dû se tourner, saisir ses fesses à pleines mains pour les maintenir ouvertes. Elle devinait l’aspect de son orifice exposé : rougi, gonflé, encore entrouvert. Elle n’y a pas pris le même plaisir avilissant que d’ordinaire. Il est allé chercher une boîte de bière au réfrigérateur. Elle a hurlé sous l’effraction. Un plaisir dont, sans comprendre encore pourquoi, elle ne voulait plus, l’a néanmoins envahie. Ses reins se sont creusés contre sa volonté. Ses fesses projetées à la rencontre de l’objet introduit par saccades brutales.
Elle a joui avec des cris. Il a ricané.
Le désenchantement l’envahit, s’affirme, s’installe: Sébastienne ose enfin s’avouer qu’elle n’éprouve plus aucun sentiment pour Raphaël.
Elle en oublie son inconfort, le froid qui la pénètre tout entière. Le crachin rabattu par les rafales se tord en écharpes rageuses dans la lumière orangée des lampadaires à vapeur de sodium. Elle continue toutefois d’attendre l’homme. Elle apprécie la situation misérable où elle se trouve, et non plus celui qui l’y a mise. Pourquoi ne l’aimé-je plus ? Quelles seront mes possibilités de jouir sans lui ?
Retrouverai-je un être assez corrompu pour m’avilir de sa seule présence ? Autant de questions qu’elle se pose sans leur trouver de réponses.
De rares passants qui lui jettent des regards furtifs, se pressent, intrigués. Le manteau détrempé colle à sa peau comme une gangue gluante et glacée. Elle l’a retroussé pour s’asseoir.
Sa croupe nue est en contact direct avec le banc. Une envie d’uriner lui taraude la vessie depuis le début. La pisse finit par lui échapper, douloureuse dans son urètre comprimé par l’objet proche. Un instant bienfaisant. Le liquide dégoutte du siège puis forme une mare chaude sous elle avant d’être dilué par la pluie. Elle entrouvre les cuisses. Léger changement de position qui réveille la souffrance entre ses fesses. Un coup de poignard de l’intérieur qui re monte vers le nombril. Une éventration à l’envers! Elle se mord la lèvre pour étouffer un gémissement. Raphaël aurait dû me fouiller le cul avec son couteau à cran d’arrêt avant de placer la boîte!… C’est trop tard pour le lui demander à présent que je ne l’aime plus… Ça aurait été dangereux… J’aurais saigné. Peut-être même hospitalisée! Le rire des internes, des infirmières…
Les regards méprisants et moqueurs. J’ai envie de me toucher!
Elle glisse sa main dans l’échancrure entre deux boutons, cherche sa vulve trempée d’urine. Un faible gémissement quand elle trouve le clitoris long et dur dans sa gaine de chair. Moins d’une minute pour un orgasme attendu qui l’ébranle de la tête aux pieds.
Elle a dix-neuf ans. C’est la première liaison amoureuse de son existence. Elle ne regrette rien. Ces quelques mois d’enfer l’ont comblée. Elle a lu assez d’ouvrages sur le sujet pour se reconnaître masochiste. Raphaël est beaucoup plus âgé qu’elle. C’est le chauffeur que sa mère a engagé pour remplacer la tribade hommasse qui n’avait pas su la défendre au cours d’une agression.
Sébastienne avait pris l’habitude de venir bavarder avec lui à l’office où il buvait du café, fumait des cigarettes et lisait l’Équipe. Elle le trouvait si beau avec ses cheveux bouclés poivre et sel, ses grands yeux noirs et sa bouche de fille. Il émanait de lui une impression de cruauté vicieuse qui l’attirait. Elle aimait aussi son imperceptible claudication. Suite d’une blessure qu’il avait récoltée au combat. De plus, il était petit.
Elle aurait tant voulu être petite !
Cette fascination n’avait pas échappé au domestique. Il en était vite venu à lui parler de son passé de mercenaire. Encouragé par l’écoute complaisante de Sébastienne, il devenait de plus en plus précis, de plus en plus cru.
Il en vint à raconter la mise à sac des villages, les destructions, le pillage, les viols collectifs :
— …on rassemblait les femmes. Elles y avaient toutes droit. On les maintenait à trois ou quatre pour les enculer. D’un seul coup. Jusqu’aux couilles. On faisait des concours. Celui qui s’y reprenait à deux fois payait sa caisse. Il y en avait qui se pétaient le frein à ce petit jeu. Ensuite, ils saignaient de la queue pendant un bon moment. On avait trouvé un truc marrant aussi. Au moment de cracher notre jus, on faisait signe à un copain pour qu’il égorge la gonzesse. Raphaël émettait un petit rire, faisait le geste de trancher une gorge imaginaire, poursuivait :
— …ça augmentait le plaisir… Leur trou de balle se resserrait quand elles clamsaient ! Comme les canards !…
Sébastienne avait ouvert de grands yeux.
— On encule les canards ?
— Tout s’encule !… Pour les canards, le fin du fin c’est de leur couper le cou pendant qu’on crache. Ça leur fait crisper le fion. Ben, les bonnes femmes c’est pareil !
— Je ne savais pas !
Il ajoutait comme une manière d’excuse :
— Comme ça ou flinguées, de toute façon,elles étaient condamnées d’avance ! Il n’y avait pas de mal à rigoler un peu avec elles avant de les zigouiller… En fait, si tu veux mon avis, c’est moins con de crever égorgée avec une bite dans le cul que de prendre le plafond de ta baraque sur la tronche suite à un dommage collatéral, comme ils disent maintenant. Frappe chirurgicale, mon cul ! Un piaf dans la fenêtre de tir suffit pour dérégler leurs conneries de missiles !
Il hochait la tête.
— Qu’est-ce que tu en penses ?
— Je ne sais pas. C’est très nouveau. Je n’avais jamais envisagé la guerre sous cet angle.
Il hochait la tête avec une expression écoeurée, puis retournait dans ses souvenirs.
— On avait quand même de la morale. Par exemple, les enfants, pour nous c’était sacré : on ne les enculait pas. On les égorgeait, ouais, mais on ne les enculait pas. On ne se serait jamais permis.
À ces récits, Sébastienne était gagnée par une excitation qui anesthésiait l’espace d’un instant sa sensibilité de jeune intello de gauche. Elle devait croiser les bras pour masquer le tremblement de ses mains. Elle ne le jugeait pas : son trouble était trop violent.
Ensuite, après être allée se masturber dans sa chambre, elle se persuadait que Raphaël bluffait, qu’il inventait ces horreurs pour l’impressionner.
Elle s’abstenait, néanmoins, de rapporter ces propos à sa mère.
Le chauffeur avait très vite deviné les tendances masochistes de la jeune fille. Un jour qu’elle était venue le retrouver, il s’était levé et, sans prévenir, l’avait giflée. Un aller-retour dur qui pendant une seconde avait obscurci sa vue d’un voile rouge. Il s’était rassis aussitôt, avait sorti sa verge. Elle était énorme! Monstrueuse.
Comme une compensation que lui aurait accordée la nature en revanche de sa petite taille.
— Suce !
Suffoquée, la tête encore bourdonnante de la paire de claques, elle s’était laissée tomber à genoux et avait obéi. C’était la première fois, mais d’instinct elle avait trouvé la manière de se rendre onctueuse. Elle se souvient de son émotion quand le sperme s’était accumulé dans sa bouche en giclées épaisses. Elle savait ce qu’il fallait faire : avaler.

L’auteur
Unique enfant d’une famille fortunée, Carolyn Cardway est née en 1962, à Aberdeen (Ecosse). Elle passe son enfance et son adolescence dans les meilleures pensions d’Angleterre. Elle a dix-sept ans et demi quand une relation amoureuse avec son professeur de Lettres aura une influence déterminante sur sa vie érotique. A dix-huit ans, elle la suit au Canada où elle deviendra parfaitement bilingue. Quelques mois plus tard, Carolyn publie son premier roman. Avec Doloris Causa, elle montre comment, du-delà des contradictions sentimentales, une ascèse masochiste sans concessions peut mener au bonheur…

Prix : 8,55 €
« Doloris Causa » de Carolyn Cardway est publié aux éditions Tabou (148 pages).

Il est disponible ici (livraison gratuite) : www.sentimentmoderne.com/librairie/